Si Gareth et Agravain faisaient souvent tourner en bourrique leur nourrice, Anna, elle n'eut guère le loisir de voir mordred tant que sa mère fut partie à Camelot. Le jeune garçon était toujours parti par monts et par vaux. Bien souvent, Gareth, qui avait tout juste 10 ans, devait enfourcher son poney à la nuit tombante afin de le retrouver.
"Tu es trop jeune pour aller seul, Mordred! l'invectivait Anna, tu n'as que 5 ans! Il pourrait t'arriver malheur! Les loups rôdent dans la forêt!"
Mordred n'en avait cure, et le lendemain, dès l'aube, il repartait. Il se fabriqua un petit arc en bois de coudrier, tendit des pièges, et une fois ou deux attrapa même un lapin qu'Anna fit cuire au feu de bois. Gareth lui donnait des leçons d'équitation, étant lui même un excellent cavalier pour son jeune âge. Au bout d'un mois, Mordred avait énormément progressé. Lorsque Lot, Morgause et Morgane revinrent, il chevauchait presque aussi bien que Gareth.
"Comme tu as grandi! s'écria Morgause
-Oui, je suis grand maintenant, répondit le jeune garçon avec fierté, je monte à cheval, comme Garet! Et demain, il m'emmène sauter mes premiers obstacles! Et sur un vrai cheval! Pas sur un poney!
-N'est-il pas un peu jeune pour cela?" s'inquièta Morgane.
Morgause lui lança un regard noir et Morgane n'insista pas. Elle regarda son fils. Dans ses yeux, elle lut qu'il attendait un compliment, des félicitations pour les progrès qu'il avait fait. Au lieu de cela, Morgane se tût et alla se réfugier dans ses appartements.
-N'est-il pas un peu jeune pour cela?" s'inquièta Morgane.
Morgause lui lança un regard noir et Morgane n'insista pas. Elle regarda son fils. Dans ses yeux, elle lut qu'il attendait un compliment, des félicitations pour les progrès qu'il avait fait. Au lieu de cela, Morgane se tût et alla se réfugier dans ses appartements.
Au diner ce soir là, nul n'entendit parler Mordred. Il mangea vite et alla se coucher sans qu'on le lui demande. Morgane ne dîna pas avec eux. Cette même nuit, en se rendant auprès de son épouse, Lot entendit des pleurs en passant devant la chambre de Mordred. Son coeur se serra, et il décida d'en faire part à Morgause.
"Que cela soit, Lot. Il faut que nous soyons ses seuls parents, ainsi nous ferons de lui ce que nous voudrons.
-Morgause, tu es une diablesse!
Mon cher époux, tu savais depuis le début quelles étaient mes intentions.Alors ne te conduis pas comme une pucelle parce que tu l'as entendu pleurnicher!
-Ce n'est qu'un enfant!
-Et ce n'est pas moi qui le fait pleurer en ce moment même! C'est Morgane, sa propre mère!"
Lot soupira.
"N'oublie pas, reprit Morgause, de qui il est le fils. Et je te rappelle que Gauvain n'est pas encore l'héritier officiel du Roi! Même si les dames de la cour affirment que la Reine est stérile, rien n'est sûr. Elle peut encore lui donner un enfant. Mais si elle ne lui en donne pas et que le Roi change d'avis concernant Gauvain, il sera bien temps de lui présenter Mordred, son fils. Ainsi, d'une manière ou d'une autre, nous régnerons."
Lot ne répondit pas. Morgause prit son silence pour un consentement: il n'en était rien. De ce jour, il ne discuta plus de l'avenir de l'enfant avec son épouse. Ne voulant pas s'opposer à elle sur ce terrain, il préféra ignorer l'enfant.
Lot ne répondit pas. Morgause prit son silence pour un consentement: il n'en était rien. De ce jour, il ne discuta plus de l'avenir de l'enfant avec son épouse. Ne voulant pas s'opposer à elle sur ce terrain, il préféra ignorer l'enfant.
"A quoi ressemble Elaine? demanda Gareth
-Et le mariage, comment était-il?" surenchérit Agravain
Morgause sourit et posa son ouvrage sur ses genoux.
"Elle a de longs cheveux bruns, la peau mate et de grands yeux marrons.Elle est très belle et très aimable. Quant au mariage, il fut grandiose! Elaine et Lancelot étaient tout de blanc vêtus, et après la cérémonie, il l'a emmenée sur son grand cheval blanc jusqu'au lieu où se déroulèrent les joutes. Ce jour-là, Lancelot choisit Gauvain comme écuyer!
-Oooh! Quelle chance!" s'écrièrent les deux jeunes enfants à l'unisson.
Morgause jeta un oeil à Mordred: il était assit au sol, enserrant ses genoux de ses bras, les yeux rivés vers la fenêtre. Ses yeux étaient rouges des larmes qu'il retenait. La jeune femme serra les dents. Le matin même, avant que Mordred ne se lève, une dispute avait éclaté entre Morgane et elle-même.
Morgause jeta un oeil à Mordred: il était assit au sol, enserrant ses genoux de ses bras, les yeux rivés vers la fenêtre. Ses yeux étaient rouges des larmes qu'il retenait. La jeune femme serra les dents. Le matin même, avant que Mordred ne se lève, une dispute avait éclaté entre Morgane et elle-même.
"J'aimerais que tu me laisses m'exprimer en ce qui concerne mon fils, Morgause.
-Ton fils? Il est bien temps que tu t'en préoccupes, toi qui ne voulais pas de lui.
-Ton fils? Il est bien temps que tu t'en préoccupes, toi qui ne voulais pas de lui.
-Ce n'est pas une raison pour te l'accaparer! Je vois clair dans tes pensées, Morgause!
-Et qu'y vois-tu, ma chère soeur? lui demanda-t-elle, poings sur les hanches.
-Tu le veux pour toi seule, pour le manipuler! Ce n'est pas l'enfant qui t'intéresse, c'est ce qu'il représente! Tu ne vaux pas mieux que Viviane et Merlin! Je préfèrerais presque qu'il aille vivre abvec eux, en Avalon, au moins il ne subirait plus ton influence!"
Morgause partit d'un rire aigu, presque hystérique.
"Voici qu'elle se prend pour la Déesse, à me dire qui je suis et ce que je souhaite! s'écria-t-elle. En tout cas, ma chère soeur, que je l'aime ou non, je m'intéresse à lui, je lui donne de l'affection. Toi, tu ne lui donnes rien. Tu n'es rien pour lui! Laisses cet enfant tranquille!"
Morgane défia sa soeur du regard un instant, rouge de colère. Puis elle sortit de la pièce sans mot dire, claquant la lourde porte de bois. Quelques heures plus tard, elle partait pour Camelot, où elle décida de rester jusqu'à nouvel ordre. Elle ne souhaitait pas résider en Avalon, sa dernière rencontre avec Viviane, lors du mariage de Lancelot, ayant été plutôt houleuse. Les deux femmes n'avaient eu de cesse de s'invectiver au sujet de Mordred.
Morgane quitta donc la cour de Lot comme une voleuse, sans même un regard pour son fils. Le pauvre petit ravala ses larmes, la regardant s'éloigner comme un fantôme: le fantôme de cette mère qu'elle aurait dû être et qu'elle ne serait jamais.
Morgane défia sa soeur du regard un instant, rouge de colère. Puis elle sortit de la pièce sans mot dire, claquant la lourde porte de bois. Quelques heures plus tard, elle partait pour Camelot, où elle décida de rester jusqu'à nouvel ordre. Elle ne souhaitait pas résider en Avalon, sa dernière rencontre avec Viviane, lors du mariage de Lancelot, ayant été plutôt houleuse. Les deux femmes n'avaient eu de cesse de s'invectiver au sujet de Mordred.
Morgane quitta donc la cour de Lot comme une voleuse, sans même un regard pour son fils. Le pauvre petit ravala ses larmes, la regardant s'éloigner comme un fantôme: le fantôme de cette mère qu'elle aurait dû être et qu'elle ne serait jamais.
Il ne pleura pas. Du moins pas devant Lot et Morgause. Au lieu de cela, les années passant, il devint plus taciturne, et quelque chose dans son regard se durcit. Il s'immergea totalement dans l'apprentissage du tir à l'arc, de l'épée et de l'équitation. Gareth l'accompagnait dans tous ses déplacements..Ils devinrent bientôt plus proche l'un de l'autre qu'ils ne l'avaient jamais été.
Enfin, Gauvain fut armé chevalier. Il était prévu que Gareth le rejoigne en tant qu'écuyer à la cour d'Arthur, à l'occasion du solstice d'hiver. Par malheur, le départ de Gareth pour Camelot eut lieu le jour de l'anniversaire de Mordred. Les adieux n'en furent que plus déchirants.
"Promets moi de tout me raconter lorsqu'on se reverra!
-Je te promets, Mordred. Et toi, jure-moi que tu seras fort.
-Je te le jure."
-Je te le jure."
Ils se firent une accolade, se serrant fort l'un contre l'autre.
"Un jour, je te rejoindrais, Gareth.
-Et je suis sûr que tu seras le meilleur chevalier du Roi."
-Et je suis sûr que tu seras le meilleur chevalier du Roi."
Lorsque Gareth quitta l'enceinte du château, Mordred se précipita sur le chemin de ronde, où il vit son frère de coeur s'éloigner.
"Gareth! Gareth!" hurla-t-il en agitant sa petite main.
Au loin, Gareth se retourna et lui adressa un long signe d'au revoir.





